Retour sur la tempête klaus du 24 janvier 2009
Il y a un an, une violente dépression s’abattait sur les côtes françaises et balayait le Sud-Ouest du pays. Cette tempête appelée Klaus, d’une intensité exceptionnelle (170 km/h sur les côtes atlantiques et dépassant les 190 km/h sur le littoral méditerranéen de l’Aude et des Pyrénées Orientales) a permis de constater les progrès effectués en France depuis Lothar et Martin qui avaient lourdement frappé la France, fin 1999, pour mieux anticiper le risque tempête et en réduire les effets.
L’importance de la vigilance météorologique
Jugeant du caractère exceptionnel de la dépression qui s’annonçait dans le Golfe de Gascogne, le dispositif permanent de vigilance météorologique, assuré désormais 24 heures sur 24 par Météo France et ses partenaires, a parfaitement rempli son rôle, et s'est révélé particulièrement réactif et opérationnel. Grâce aux prévisions de Météo France, le niveau de vigilance rouge a ainsi pu être déclenché sur 5 départements du Sud-Ouest plus de 14 heures avant l’arrivée de la tempête. Cette anticipation a permis d’avertir les populations de la violence des vents et de mobiliser en amont tous les acteurs concernés par cette crise météorologique : autorités, secours, opérateurs de transport et d’énergie.
Pour l’information des populations, la carte de vigilance avait aussitôt été diffusée à tous les média pour qu'ils relaient l’information sur la violence de la tempête. Pour la première fois depuis la mise en place en 2001 du dispositif de vigilance météorologique, Cinq départements français sont placés en rouge. Cette tempête a d'ailleurs permis de confirmer la notoriété de la carte de vigilance météo auprès des populations. Une étude a montré que plus de 85 % des Français connaissent cette carte, et suivent fréquemment les conseils de comportement pour leur sécurité.

Carte de vigilance de Météo France diffusée le 23 janvier 2009
avec le passage en vigilance rouge de 5 départements dans le sud-ouest de la France
Klaus : plus d’un milliard de dégâts
La tempête Klaus, d’une violence comparable à celles de 1999, a également provoqué des dégâts considérables : 12 morts, entre 400 000 à 600 000 sinistres déclarés, 1.7 millions de foyers affectés par les coupures d’électricité, dont 200 000 dans les Landes (département le plus touché), paralysies dans le trafic aérien, ferroviaire et routier, privation d’eau potable…
La forêt des Landes détruite à près de 60 % après le passage de la tempête Klaus ©HCFDC
Cet épisode de vents extrêmes a par ailleurs confirmé la totale dépendance de la fourniture d’énergie électrique pour les populations, pour l’industrie, pour la téléphonie, pour l’alimentation en eau potable, pour la SNCF, mais aussi pour les centres vitaux de l’administration. Une vulnérabilité électrique à mieux prendre en compte sans doute dans l'avenir, en équipant notamment les territoires les plus exposés au risque tempête de groupes électrogènes de secours.
La tempête aurait coûté environ 1,4 milliard d’euros, suivant les chiffres des assureurs. L’état de catastrophe naturelle a été déclaré dans neuf départements : l’Aude, la Haute-Garonne, le Gard, la Gironde, les Landes, le Lot-et-Garonne, les Pyrénées-Atlantiques, les Hautes-Pyrénées et les Pyrénées-Orientales. Les dégâts les plus considérables concernent la forêt des Landes (premier massif producteur de bois en France.) où plus de 700 000 ha de forêts de production ont été affectés par la tempête, dont 170 000 hectares détruits à plus de 60%.
La carte d’estimation des dégâts forestiers réalisée par l’Inventaire forestier national © IGN BRGM
disponible sur le Géoportail
Anticiper pour mieux protéger les populations
Moins de dix ans après les dévastateurs Lothar et Martin, la tempête Klaus est venu rappeler avec violence que l'ensemble du territoire français restait concerné par un aléa dont l'occurence semble se renforcer depuis quelques années et dont les conséquences tant humaines, économiques ou environnementales sont catastrophiques.
La bonne gestion de cette tempête illustre cependant l’importance primordiale de la mission de prévision et de vigilance confiée à Météo France. La très bonne anticipation du dispositif permanent de vigilance météorologique lors de cet épisode extrême a en effet permis aux autorités, aux acteurs économiques locaux et à la population d'être alertés à temps pour s’y préparer, réduisant ainsi les effets de l’alea et permettant sans doute de sauver de nombreuses vies.


