Publication : La sécurité scolaire à l'épreuve du risque sismique
Destinée aux chercheurs, gestionnaires, enseignants, parents et citoyens soucieux d’améliorer la sécurité sismique des établissements scolaires, l'étude "La sécurité scolaire à l'épreuve du risque sismique", signée par Stéphane Cartier et Ludvina Colbeau-Justin, vient d'être éditée à La Documentation française, dans la Collection Réponses environnement.
Le 12 janvier dernier, à Haïti, ce sont près de 1500 bâtiments scolaires qui se sont effondrés ou ont été sérieusement endommagés par le séisme. Une tragédie qui vient rappeler l'impérieuse nécessité d'une meilleure prise en compte du risque sismique lors de la construction d'infrastructures scolaires situées dans des zones soumises à un tel aléa. Doter les écoles de normes parasismiques permet en effet de mieux protèger leurs occupants et de favoriser la résilience communautaire.
Prise en charge collective et coordination
C'est bien la prise en charge collective du risque sismique dans les écoles françaises qui a été observée dans cette enquête. En se basant sur l'étude de deux terrains sismiquement différents, la Martinique et l'Isère (Fort de France et Grenoble), l'ouvrage témoigne de l’adaptation des propriétaires institutionnels et des usagers aux contraintes locales, révèlant également à quel point l'objectif de sécurité dépend des efforts de coordination entre une multitude d'acteurs. Les procédures de coordination apparaissent en effet bien fragiles, tant entre maîtres d'ouvrage et usagers, qu'au sein même des équipes pédagogiques. Pour mieux analyser l'organisation de cette coordination, l'enquête adopte une approche globale pour examiner les responsabilités des différents acteurs, mais aussi l'implication concrète des règles de sécurité (contraintes locales et anticipation ; analyse des vulnérabilités et solutions publiques ; réglementations parasismiques nationales ; réglementation de l'Éducation nationale ; élaboration d'une politique de sécurité patrimoniale).
Investissement constant et mobilisation permanente
Pour les auteurs, l'investissement ne peut être efficace que s'il porte à la fois sur les techniques de construction parasismique et sur la formation de tous les protagonistes, professionnels comme usagers. L’application des meilleurs techniques parasismiques dans la construction implique une multitude d’usagers et de métiers. L’enquête révèle combien la sécurité est un enjeu intergénérationnel, puisque l’effort d’amélioration du patrimoine scolaire ne peut s’accomplir d’un coup. L’entretien des édifices représente un investissement constant. Former les usagers aux situations de danger implique une mobilisation permanente des équipes pédagogiques. A ce titre, le Plan Particulier de Mise en Sécurité (PPMS) des établissements scolaires nécessite un engagement important de la hiérarchie scolaire, des enseignants, des personnels techniques et des enfants. L’expérience martiniquaise démontre le besoin de formation, de temps et de financements complémentaires.
L'étude montre qu'en expliquant davantage les menaces, les solutions, les contraintes techniques, les coûts et les responsabilités de chacun face au risque sismique, il devient plus facile d'impliquer les populations à leur propre sécurité. Il ressort par ailleurs qu'investir ainsi dans la sécurité et la protection des populations constitue une ressource pédagogique et communautaire favorable à une solidarité intergénérationnelle.
Les auteurs observent que les initiatives nationales du Plan Séisme et les expérimentations des collectivités locales, en particulier aux Antilles, démontrent que l’investissement est efficace s’il porte à la fois sur les constructions, diagnostiquées et renouvelées, et sur la formation de tous les protagonistes, professionnels et usagers. Ils notent à ce titre, que les efforts concertés observés en Martinique méritent d’être maintenus et peuvent servir d’exemple aux autres régions françaises menacées par le risque sismique.
Une partie de ces travaux de recherche et la publication du présent ouvrage ont été soutenues financièrement par le ministère de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de la Mer (MEEDDM), dans le cadre du programme de recherche RDT (Risque Décision Territoire).
La sécurité scolaire à l'épreuve du risque sismique
De Stéphane Cartier et Ludvina Colbeau-Justin
La Documentation française,
Collection Réponses environnement
128 pages, 19 €


