L'Institut euro-méditerranéen en science du risque

 Le bassin méditerranéen est une des zones les plus sensibles de notre planète, tant sur le plan des risques naturels, industriels ou géopolitiques. Or, seule une bonne gestion de ces risques peut y assurer les conditions essentielles à la paix, à l’équilibre et au développement durable de la région. Assurer l’enseignement et une formation globale au risque  dans tout l’espace euro méditerranéen et y créer les bases d’une culture commune et d’actions collectives pour la gestion des risques voilà le défi que s’est lancé l’IEMSR qui ouvrira à Sophia Antipolis son premier master en science du risque dès la rentrée universitaire prochaine.

Cet Institut d’enseignement supérieur s’inscrit dans la perspective d’un des projets de l’Union Pour la Méditerranée (lancée pour mémoire le 13 juillet 2008 lors du sommet de Paris pour la Méditerranée) visant « la définition d’un programme commun de protection civile pour la prévention des catastrophes » et « la création d’une université euro méditerranéenne ». Initié et présidé par Catherine Vesperini, l’IEMSR a reçu dès son projet de création le soutien actif de la mission de l’Union de la Méditerranée, du MEEDDM, mais également de l’UNESCO, du Conseil de l’Europe et des Nations Unis.

 La Méditerranée au cœur de tous les risques

Le bassin Méditerranéen concentre tout l’éventail des risques, qu’ils soient naturels (séisme,s tsunami,s inondations, glissements de terrain, feux de forêt…) ou industriels (dont le risque de pollution). Ce nouvel Institut se devait de prendre le risque dans toute sa dimension, en couvrant toute la Méditerranée.

L’IEMSR  va contribuer à l'établissement d'une culture commune du risque en Méditerranéen en touchant à la fois des étudiants, des entreprises, des institutions publiques ou privées.

« Pour gérer efficacement tous ces risques en Méditerranée, il est impératif de parler un langage commun. Pour y arriver il faut éduquer et diffuser une culture du risque. C’est donc tout naturellement qu’est née l’idée de créer un Institut international en Science du risque couvrant tout le bassin méditerranéen où le risque serait enseigné comme une matière académique, à l’instar de l’anglais ou des mathématiques, afin de former des risk managers à destination des collectivités territoriales, des collectivités publiques et des industriels » nous explique Catherine Vespérini, lors d'un petit déjeuner organisé par le HCFDC au Sénat pour présenter son Institut. Il manquait en effet une filière complète d’enseignement sur le risque, qui plus est dans une approche internationale et dans un esprit d’égalité entre les pays des deux rives de la Méditerranée. Lacune que l'Institut souhaite combler. Mais si les pays du sud sont véritablement demandeurs d’une réelle collaboration avec les pays du Nord, et en attente d’un transfert de connaissance et de technologie, ils ont aussi la volonté de participer pleinement à la mise en place de ces projets communs, sans y être inféodés.

Lancement de la première promotion en septembre 2010

D’ores et déjà, 22 universités situées tout autour du bassin méditerranéen ont signé avec l’institut un accord de co-diplômation, avec l’aval des Gouvernements de tous les pays concernés. La première promotion, de 25 étudiants, sera inaugurée en septembre prochain à l’université Sophia-Antipolis, une technopole basée au bord de la Méditerranée, connue et reconnue de tous les pays du bassin.

Les enseignements seront dispensés majoritairement en français (parfois en anglais), avec également l’élaboration d’un lexique de travail en langue arabe pour partager un vocabulaire commun englobant tout ce qui touche aux notions de science du risque.

En première année, la science du risque sera donc enseignée aux étudiants en master 1 au sein de l’Institut à Sophia-Antipolis à travers un tronc commun offrant une approche complète et transversale, fondée sur les cyndiniques mais avec également des probabilités, des sciences statistiques, de l’histoire, de la géographique… Pour la seconde année universitaire, les étudiants en Master 2 partiront dans une des universités partenaires de l’Institut pour y approfondir leur spécialité. C’est ainsi que le risque sismique sera étudié à Istanbul, le risque financier au Liban, la spécialité « security » à Barcelone, la gestion des risques territoriaux à Tunis…

Former les futurs risk managers

L’objectif de l’Institut est bien de former des risk managers dont la société, les collectivités territoriales et les entreprises ont un besoin crucial pour les années qui viennent.

La société actuelle accepte de moins en moins le risque et ses conséquences. Il s’ensuit une responsabilisation croissante des décideurs, tant dans le public à la tête de collectivités, que dans le monde industriel. « Le risque étant au cœur de tout, les dirigeants doivent donc pouvoir s’appuyer pleinement sur des véritables techniciens du risque que sont les risk managers » explique la présidente de l’Institut.

Sans gestion des risques, pas de développement durable

Le risque doit également être mieux intégré dans notre société car la gestion du risque est au cœur du développement durable. « Il n’y a pas de développement pérenne sans gestion du risque. Les pays méditerranéens ont d’ailleurs bien pris conscience de cette problématique de gestion des risques préalables au développement durable. Une gestion des risques comme condition nécessaire à la bonne durabilité du développement économique, social et éthique des pays du bassin » précise en conclusion Catherine Vesperini.