Les barrages soumis à un PPI en France
Un barrage est un ouvrage artificiel ou naturel (causé par l'accumulation de matériaux à la suite de mouvements de terrain) établi en travers du lit d'un cours d'eau, retenant ou pouvant retenir de l'eau.
Rappelons qu'il existe différents types de barrages en France :
- Les barrages en remblai : en matériaux meubles ou semi-rigides pouvant être en terre ou en enrochement. Ces barrages sont souvent appelés digues.
- Les barrages en maçonnerie ou en béton peuvent être de différentes formes selon leur mode de conception : les barrages poids, les barrages poids évidés, les barrages voûtes , les barrages mixtes poids-voûtes, les barrages à contreforts, les barrages mobiles
A quoi sert un barrage ?
Les barrages sont conçus dans un objectif bien précis, mais certains ouvrages peuvent combiner plusieurs usages :
- La régulation des cours d'eau : écrêtement des crues et/ou soutien d'étiage
- La production d'énergie électrique
- Le stockage d'une réserve d'eau pour l'alimentation en eau potable, l'irrigation des cultures, la lutte contre les incendie, la plaisance
- Le stockage des déchets miniers
Les barrages soumis à PPI en France et leurs réglementations
L’entretien et la surveillance des barrages et des digues sont à la charge de leurs exploitants. L’État est responsable de leur contrôle par le biais de ses services déconcentrés. Quel que soit leur régime juridique, les ouvrages les plus importants sont auscultés en permanence grâce à des capteurs qui mesurent leur comportement (mesures de déplacements, de pression d’eau, de débit…). Ces dispositifs permettent de déceler les risques potentiels dus à l’évolution des digues et barrages, et d’anticiper les travaux de renforcement nécessaires au cours de leur vie.
Afin d’assurer une politique cohérente et unique de surveillance de la sécurité des ouvrages, l’État a mis en place un ensemble de services de contrôles renforcés et resserrés autour des directions régionales de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL), en allouant aussi des moyens humains supplémentaires pour cette mission de sécurité depuis le 1er janvier 2011.
La réglementation de la sécurité des ouvrages hydrauliques a été mise à jour et unifiée dans le cadre de la loi du 30 décembre 2006 sur l’eau et les milieux aquatiques du 30 décembre 2006. Elle propose des règles harmonisées pour tous les ouvrages hydrauliques relevant du livre II du code de l'environnement ou du livre V du code de l'énergie (ouvrages concédés utilisant l'énergie hydraulique).
Le décret d’application du 11 décembre 2007 met en place quatre classes de barrages et de digues (A, B, C et D) en fonction de leur importance et précise pour chacune les obligations d’entretien et de surveillance des exploitants. Les exploitants sont notamment tenus à des examens périodiques de leurs ouvrages et doivent en fournir les rapports à l’État.
Pour les plus grands barrages, la rédaction d’un plan particulier d’intervention (PPI), dont les modalités d’élaboration sont définies par décret, est nécessaire.
Qu'est-ce qu'un Plan Particulier d'Intervention ?
Chaque barrage de plus de 20 m de hauteur et de capacité supérieure à 15 hm3 fait l’objet d’un plan particulier d’intervention (PPI) qui s'appuie sur les dispositions générales du plan ORSEC départemental et précise notamment les mesures spécifiques relatives :
- à l'information et à la protection prévues au profit de la population et, le cas échéant, les schémas d'évacuation éventuelle et les lieux d'hébergement
- à la diffusion immédiate de l'alerte aux autorités par l'exploitant et, en cas de danger immédiat, aux populations voisines
Ce plan s’appuie sur la carte du risque et sur des dispositifs techniques de surveillance et d’alerte. Après avis du Comité technique permanent des barrages et des ouvrages hydrauliques sur les documents techniques préparatoires à l’établissement du PPI, celui-ci est arrêté par le préfet et préparé par les services de l’État chargés de la protection civile. Certains dispositifs techniques, en particulier au niveau du barrage, restent à la charge du gestionnaire de l’ouvrage.
Ce plan identifie trois zones en aval d'un barrage suivant l’intensité de l’aléa. La zone de proximité immédiate peut être submergée dans un délai ne permettant qu’une alerte directe des populations par l'exploitant ; la population doit l’évacuer dès l’alerte donnée. Dans la zone d’inondation spécifique, la submersion est plus importante que celle de la plus grande crue connue. Dans la troisième zone (zone d’inondation), la submersion est généralement moins importante.
Quels sont les barrages soumis à PPI en France ?
La France compte environ 1 250 barrages de plus de 10 mètres de haut, dont 300 de plus de 20 mètres et 950 compris entre 10 et 20 mètres de hauteur. il y a plusieurs dizaine de milliers de barrages de taille inférieure.
Il y a aujourd'hui 105 barrages soumis à PPI.
Dans le monde, on compte 35 000 à 40 000 grands barrages (avec une définition qui est celle de la Commission Internationale des Grands Barrages, c'est-à-dire barrages dont la hauteur au-dessus des fondations est supérieure ou égale à 15 m) dont 80% sont inférieurs à 30 mètres et seulement 700 supérieur à 100 mètres.
Carte des barrages PPI, en France
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Pour plus d'informations sur le risque rupture de barrage, un catalogue numérique est téléchargeable ici


