L' Aiguat : un phénomène de pluies extrêmes

 C’est un mot catalan qui est désormais entré dans le vocabulaire des météorologues français :  "Aiguat" : terme catalan qui évoque l'existence concomitante de forts abats d'eau et de l'inondation qui en est la conséquence. »

 Les Pyrénées françaises et espagnoles ont connu plusieurs épisodes d’aiguat, comme la crue du 16 octobre 1763, ou un siècle plus tard l'aiguat de la Sant-Bartomeu survenu le 24 août 1842.

Mais il y a 75 ans, en 1940, un autre épisode pluvieux est devenu le nouvel Aiguat de référence : durant 4 jours, du 16 au 20 octobre, un aiguat « fantastique » s’est abattu sur les Pyrénées-Orientales, l'Aude et la Catalogne espagnole, ravageant les vallées du Tech et du Têt.

 « Diluvien, fantastique, catastrophique" : les qualificatifs ne manquent pas pour évoquer l'Aiguat meurtrier de 1940 qui ravagea la Catalogne espagnole et le Languedoc Roussillon coté français. Quatre jours de déluge, d'inondations, d'éboulements et d'effondrements qui firent plus de 320 morts en Catalogne, 50 en France, dont la moitié à Amélie-les-Bains et ses environs.

L'hydrologue Maurice Pardé l'a qualifié à l’époque de "crue de référence", la plus violente depuis celle d’octobre 1763 sur les Pyrénées-Orientales : "...Ce qui s'est passé en octobre 1940 autour du Canigou, rivalise avec les cataclysmes les plus effrayants de l'Ardèche, des hauts Gardons, de la Cèze supérieure, de l'Erieu, etc."

 

A l’époque , la France est en guerre et les services météo plutôt désorganisés. Pourtant Maurice Pardé, à qui le gouvernement confie une mission d’enquête sur la catastrophe, parviendra à collecter des relevés, estimations et des témoignages qui attestent de la violence exceptionnelle du phénomène.

En s’appuyant notamment sur les observations des instituteurs de la région, il dresse des relevés pluviométriques jamais enregistrés : « Il a été mesuré 840 mm de pluie le 17 octobre à l'usine électrique de la Llau. Cette valeur a été officialisée comme étant le record de pluie en 24 heures pour l'Europe. Or le pluviomètre a débordé à 4 reprises entre 12 h 00 et 19 h 30 ce jour-là, la valeur réelle semble donc encore bien supérieure à ce chiffre... »

Coté français, c’est la région d'Amélie-les Bains qui fut la plus touchée " Les tourbillonnantes et mugissantes coulées liquides et solides ont multiplié les ruines. En France, 200 immeubles succombèrent, dont un soixantaine dans l’agglomération Arles (sur-Tech)-Amélie (les-Bains)-Palalda, une trentaine à Vernet-les-Bains, quelques dizaines à Prats (de-Mollo).

La gare d’Amélie fut rasée, deux usines électriques sur la Coumelade et deux sur le Tech furent pulvérisées.

Coté espagnol, en Catalogne, le bilan est plus terrible dans les vallées densément peuplées et industrialisées. Les intempéries frappèrent jusqu’à Gerone, où une centaine de maisons furent emportées dans les éboulements. De nombreuses voies de communication furent coupées. Il fallut des semaines ou des mois pour les rétablir.

 

En savoir plus : le site de Météo France propose un dossier complet avec des photos et témoignages d’époque :http://pluiesextremes.meteo.fr/1940-10-17/aiguat-fantastique-sur-le-roussillon.html

 

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