Intra : la force d'intervention en cas d'accident nucléaire majeur en France

Après l''explosion de Tchernobyl en avril 1986, s'engagea en France une réflexion sur les moyens matériels à mettre en place pour être en capacité d'intervenir en milieu radiocontaminé sans mettre en péril la santé du personnel, comme ce fut malheureusement le cas pour les milliers de "liquidateurs russes".
 
C'est ainsi qu'à l'initiative des trois exploitants d'installations nucléaires en France (EDF, le CEA et Areva) a été créé dès 1988 le Groupe Intra, avec pour mission de concevoir, de fabriquer et d'exploiter une flotte d’engins robotisés capable, en cas d'accident nucléaire majeur, d’intervenir en milieu radiocontaminé, à la place de l'homme, autour et dans les sites nucléaires français.
 
 

Opérer à la place de l'homme
Cette flotte de robots prêts à intervenir 24h sur 24 en France décline tous les engins télécommandés utiles pour agir en cas d'accident nucléaire : cela va du petit robot d'intérieur capable de monter des escaliers, ouvrir des portes et couper vannes, jusqu'au puissant engin de travaux publics téléguidé, du type bulldozer, pelleteuse ou benne, capable de  mener des opérations lourdes de terrassement. Le Groupe dispose également du système HELINUC, développé par le CEA, qui à partir d'un hélicoptère permet de dresser une cartographie aérienne de la radioactivité d'un site nucléaire ou industriel.

Mobilisation hors norme pour Fukushima
Dès le lendemain de l’accident de la centrale de Fukushima, le GIE a été sollicité par la Direction de la sécurité civile pour se préparer à mettre à disposition de l’exploitant nucléaire TEPCO et des autorités Japonaises une partie des engins robotisés développés par le Groupe (robots d’intérieur et d’extérieur, engins de travaux publics, dispositif HELINUC pour le post-accidentel). Le Samedi 19 mars, les 150 tonnes de matériels étaient ainsi prêtes à être embarquées à bord d’un Antonov 225 affrété pour l’occasion. Finalement les autorités Japonaises ont fait savoir que “dans la situation actuelle, ils ne pourraient tirer profit des matériels mis à disposition par le GIE Intra”.

Vers une force d'intervention européenne ?
La catastrophe japonaise a au moins permis de constater que le GIE avait la capacité à faire face à une mobilisation “hors normes” pour répondre à une sollicitation à l’autre bout du globe, alors que le périmètre habituel d’action de la force d’intervention demeure le territoire  national. La crise nucléaire de Fukushima, au delà de la question de la sûreté des installations nucléaires, pose la question de la pertinence d'une force d'intervention européenne, qui pourrait se constituer au sein de l'Union en s'inspirant de l'organisation et des savoir-faire uniques développés par le Groupe Intra pour la France.

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