Eduquer à la prévention du risque d’inondation

Les conclusions de l’atelier 8 du Salon Prévirisk 2010

En France, le risque inondation concerne plus de 13.000 communes dont 300 grandes agglomérations. Dans le cadre du salon Prévirisk qui s’est tenu en septembre au Parc Floral, un atelier dédié à la question d’une éducation à la prévention du risque d’inondation dans la perspective d’un développement durable des territoires a permis d’échanger sur la diversité des approches et des pratiques pédagogiques dans ce domaine. Ouvert aux enseignants et aux collectivités, cet atelier s’articulait autour des axes suivants :
- l’éducation au risque inondation dans le contexte d’une Education au Développement Durable
- l’identification des méthodes et outils de l’éducation préventive,
- la présentation d’exemples originaux d’actions éducatives conduites en partenariat avec des acteurs du territoire (voir le programme attaché en fin de cet article)

Les points de consensus ci-après ont été dégagés par le groupe :

1. L’éducation à la prévention des inondations relève d’une éducation aux risques majeurs, elle-même intégrée à l’éducation au développement durable. Elle se caractérise ainsi par :
- Un ancrage dans le territoire et une approche inter-scalaire (changements d’échelles).
- Une approche temporelle : le temps du passé (héritage, mémoire), le temps du présent et de l’action, et enfin le temps de la perspective et de l’avenir.
- L’éveil au choix et au sens critique (notamment en relation avec l’aménagement du territoire et en particulier dans le cas des inondations).

2. L’école est certes un passage obligé qui ouvre la voie d’une généralisation pour cette éducation à la prévention des risques majeurs, néanmoins l’éducation du citoyen ne se limite pas au temps scolaire. Cette éducation s’entend tout au long de l’existence et nécessite des jeux d’acteurs dans divers champs de vie (scolaire, périscolaire, postscolaire).


Cette représentation n’est pas exhaustive

La compréhension des approches pédagogiques et du message porté est également tributaire de la sphère culturelle, sociale et privée des individus. Ce fait implique une multiplicité de canaux et de formes de médiations. Il n’existe pas une voie unique pour sensibiliser et éduquer aux risques.  Les témoignages lors de l’atelier en ont été l’exemple : une approche sensible et sensorielle qui permet de «s’attacher au territoire local, de s’approprier le fleuve près duquel on vit » est une voie culturelle souvent utilisée puisqu’elle fait appel aux représentations de l’élève ou de l’individu avant de construire par-dessus une connaissance plus empirique. L’approche par l’aléa et les enjeux semblent également efficace auprès de certains publics, en particulier les élus. L’approche réglementaire fonctionne aussi (PCS/PPMS) si tant est qu’elle débouche ou qu’elle s’appuie sur du culturel. Cette éducation à la prévention des risques majeurs est un enjeu de société, sans laquelle la politique nationale conduite en ce domaine et les mesures prises par les pouvoirs publics ne sauraient être comprises.

Les points fort de cette éducation reposent ainsi sur :
- La diversité et la complémentarité des acteurs.
- La diversité et la complémentarité des supports.
- L’envie des acteurs de travailler ensemble.
- Des objectifs communs en matière d’éducation au risque d’inondation.
- La volonté affichée (malgré des difficultés de mise en œuvre) de l’Education nationale pour une généralisation de l’Education au Développement Durable et l’identification du volet Education aux Risques Majeurs
- Le potentiel de formation réel de l’Institut Français des Formateurs Risques Majeurs et protection de l’Environnement (IFFO-RME).
- Le sujet, lui-même, qui nécessite la transversalité tant au niveau des structures, des services (au sein des administrations), des ministères, des catégories de personnels (enseignants, chefs d’établissement…) que des disciplines.

Cette éducation présente toutefois des points de fragilité parmi lesquels la formation insuffisante des acteurs et des médiateurs. Toute action d’éducation doit en effet pouvoir être accompagnée. Un support se suffit rarement à lui-même si l’on vise une éducation et non une simple information. Par ailleurs les actions conduites reposent trop souvent sur des personnes motivées plus ou moins soutenues par leur hiérarchie ou encore sur le volontariat, et ceci vaut également pour les politiques locales (en particulier les conseils généraux). Comment pérenniser une stratégie cohérente sur un territoire. Comment mieux identifier (et légitimer) les compétences des acteurs ? Ces questions restent entières.

Le renforcement d’une éducation préventive à la prévention des inondations pourrait ainsi s’appuyer sur :
- La mise en réseau des acteurs et des actions aux différents échelons.
- Le partage des pratiques pour valoriser ce qui existe au lieu de réinventer.
- Une plus large place laissée à l’expression des besoins et à l’innovation, dans ce domaine la voie des TICE est à exploiter et à développer.
- Des cadres et des moyens dévolus au croisement entre les disciplines et à la pédagogie de projets au sein du système éducatif.
- Le maintien d’une formation initiale et continue de qualité des enseignants.
- Le décloisonnement des structures et des organismes pour conforter la transversalité des approches.
- Des moyens humains et financiers à identifier, à maintenir, à développer sur ces questions d’information et d’éducation. Une enveloppe budgétaire interministérielle dédiée pourrait être réfléchie.
- L’émergence d’un réel dialogue intergénérationnel pour conserver la mémoire du risque.

Evelyne Allain
Intégrateur de projets, IFFO-RME
Formatrice RMé

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