Comment anticiper le séisme pour protéger son habitation et les siens ?

Un séisme arrive sans aucun signe avant coureur. Il vous surprendra dans votre sommeil, au travail, ou chez vous. Il est en effet impossible de prévoir sa survenue. Il se produira donc toujours à un moment où vous ne vous y attendrez pas.
Comme l’ont encore montré les évènements récents en Algérie, en Turquie, en Iran ou au Maroc, le séisme désorganise considérablement la société et peut laisser l’individu seul face à la crise pendant un temps relativement long. Pour la surmonter, il est essentiel d’anticiper les dangers et de limiter les dégâts éventuels.


Une bonne préparation : le Plan Familial de Mise en Sûreté 
Outre les mesures de prévention et de réduction de la vulnérabilité qui peuvent être mises en place, un plan familial de mise en sûreté constitue pour chacun la meilleure réponse pour faire face au séisme en attendant les secours. Il vise à réduire la vulnérabilité des personnes grâce à une bonne préparation ; notamment en limitant les dangers consécutifs aux séismes .
Ce plan se prépare à l’avance. Il vous permettra d’éviter de céder à la panique lors de la première secousse, et vous apprendra comment réagir, et surtout réagir vite, en cas de secousses sismiques.

Les étapes recommandées pour réaliser ce PFMS sont les suivantes : 

Adapter vos équipements

Des gestes très simples peuvent vous sauver la vie en cas de secousse sismique. En effet, une armoire ou une étagère peut vous blesser gravement lors de sa chute. 

Signal d’alerte et consignes de sécurité : 
Aucun signal d’alerte ne vous préviendra de l’arrivée d’un séisme. Les scientifiques ne savent pas encore les prédire.

Liste des numéros utiles : 
Etablissez la liste des numéros des services d’urgence et de secours, de votre mairie, des services de l’Etat, de votre compagnie d’assurance, et de ceux qui pourraient figurer dans le Document d’Information Communale sur les Risques Majeurs établi par la mairie (DICRIM). 

Kit « séisme » 
Composez votre kit « séisme » et assurez-vous que chacun sait où le trouver, qu’il est à porter de main et qu’il ne risque pas d’être enseveli sous des débris (en pratique près de la porte d’entrée). Afin de ne pas ralentir votre évacuation, il doit tenir dans un sac. Il doit comprendre :

  • une radio et ses piles de rechange,
  • une lampe de poche,
  • de l’eau potable,
  • les médicaments urgents : vous ou vos proches suivez peut-être un traitement médical. Pensez que vous aurez besoin de ces médicaments et que la pharmacie peut être, elle aussi, endommagée par le séisme.
  • l’ alimentation et l’équipement nécessaire à un éventuel nourrisson.
  • des vêtements de rechange,
  • éventuellement, un sac de couchage ou des couvertures.

Produits chimiques, d’entretien : 
Ces produits sont sources de danger (incendie, intoxication…). N’oubliez pas que vous pouvez être confiné, voire pris au piège dans un local à proximité de ces produits. Vous pouvez les mettre à l’abri dans un placard étanche. 

Objets de valeurs et affaires personnelles : 
Prenez l’habitude de les stocker dans un endroit sécurisé, une armoire solide correctement ancrée dans le mur par exemple. 

Gaz et électricité : 
Apprenez où se situe le disjoncteur ou le robinet d’arrêt de ces réseaux. Cela vous permettra peut-être de les fermer après la première secousse lorsque vous évacuerez.

Mise à l’abri ou évacuation : 
Identifiez les endroits les plus sûrs dans chaque pièce de votre habitation. 
Un tel endroit peut se situer sous une table ou un bureau robuste ou sous un mur intérieur loin des fenêtres et des meubles lourds qui peuvent se renverser. Plus la distance que vous aurez à parcourir pour vous mettre à l’abri sera courte, plus vous aurez de chance d’éviter d’être blessé. L ‘entrée est habituellement un des endroits les plus sûrs dans la maison. Les cuisines et les garages tendent à être les plus dangereux. Durant un tremblement de terre, il est difficile, voire extrêmement dangereux de se déplacer d'un endroit à l'autre. 
Faites de même pour tous les lieux que vous avez l’habitude de fréquenter. 

Précisez où et comment doivent se réunir les membres de votre famille. 
Choisissez une personne en dehors du secteur immédiat avec qui chacun doit prendre contact si vous n’arrivez pas à vous retrouver. Cependant, rappelez-vous, l’emploi du téléphone est uniquement réservé pour les urgences. 

 

Protéger son habitat et ses biens contre les séismes

Un séisme ne tue que par l’écroulement des bâtiments et des ouvrages qu’il provoque, sauf dans certains cas très particuliers (mouvements de terrain déclenchés par un séisme,…),. D’où la nécessité d’apprendre à construire des édifices qui ne s’effondrent pas ou pas trop vite (permettant aux personnes de quitter le bâtiment après la première secousse), voire qui ne subissent pas trop de dégâts, et bien entendu de renforcer les constructions existantes.

Si vous habitez en zone sismique, il est possible de faire effectuer des travaux ou d’entreprendre des aménagements extérieurs et intérieurs pour réduire votre vulnérabilité et celle de votre habitation.
Ces pages, qui ne prétendent pas être exhaustives, tentent de vous donner la meilleure information possible sur les mesures de mitigation (atténuation) que vous pouvez entreprendre, en vous aidant à sélectionner les mesures les plus économiques et les plus appropriées à votre maison. 
Elles seront complétées au fur et à mesure que la connaissance sur la vulnérabilité des constructions et les moyens d'y remédier grandiront, notamment avec les techniques de renforcement parasismique.

Pour diminuer la vulnérabilité de votre logement face aux sollicitations sismiques, vous disposez de trois méthodes complémentaires :
• Adapter vos techniques constructives,
• Renforcer ou réhabiliter votre habitation.
• Adapter vos équipements au séisme. 

La conception et la construction de votre habitation

L’objectif principal de la réglementation parasismique est la sauvegarde des vies humaines pour une secousse donnée. La construction peut alors subir des dommages irréparables, mais elle ne doit pas s’effondrer sur ses occupants. 
En cas de secousse plus modérée, l’application des règles parasismiques doit permettre de limiter les destructions et , partant, les pertes économiques.
Des textes réglementaires (décrets et arrêtés) précisent le classement de votre bâtiment ainsi que les règles techniques qui lui sont applicables.
Vous pouvez consulter ces documents à la Direction Départementale de l'Equipement, auprès des Conseils en Architecture, Urbanisme et Environnement, en mairie, etc. vous trouverez ci-dessous quelques éléments de réponse, notamment sur les classes de bâtiments, et sur la construction parasismique des maisons individuelles.

1- Règlementation

Rappel de la classification des bâtiments :
Classe A : les ouvrages dont la défaillance ne présente qu’un risque minime pour les personnes ou l’activité économique ;
Classe B : les ouvrages dont la défaillance présente un risque dit « moyen » pour les personnes (habitations et bureaux dont la hauteur est inférieure à 28m, bâtiments industriels, bâtiments accueillant 300 personnes au plus….). Cette classe comprend les maisons individuelles et les petits immeubles d’habitations.
Classe C : les ouvrages dont la défaillance présente un risque élevé pour les personnes ou en raison de leur importance socio-économique (habitations et bureaux dont la hauteur est supérieure à 28m, bâtiments accueillant plus de 300 personnes, …).
Classe D : les bâtiments, les équipements et les installations dont le fonctionnement est primordial pour la sécurité civile, pour la défense ou pour le maintien de l’ordre public (centres de télécommunication, bâtiments abritant les moyens de secours ou de défense….)
A ce titre, il est rappelé que ces constructions (classe C et D) sont soumises au contrôle technique obligatoire en application de l’article R. 111-38 du code de la construction et de l’habitation. Le champ du contrôle technique obligatoire s’étend sans ambiguïté au contrôle du respect des règles de construction parasismique.

Règles de construction parasismique pour les maisons individuelles :
Les Règles ParaSismiques-Maisons Individuelles (PS-MI) 89 révisées 92 – Construction parasismique des maisons individuelles et des bâtiments assimilés (NF P 06-014 de mars 1995)
Nota : ces Règles ont fait l’objet d’un amendement NF P 06-014/A1 paru en février 2001 corrigeant plusieurs erreurs de la version Afnor.
Ces règles sont citées par l’arrêté du 29 mai 1997 relatif aux bâtiments. 
Ce sont des règles simplifiées pour les bâtiments de classe B, catégorie dite « à risque normal », situés en zone sismique Ia, Ib et II, et comportant au plus un rez-de-chaussée, un étage et un comble. Le niveau du plancher du comble des bâtiments concernés par ces Règles est limitée à 3.30 m (bâtiments en simple rez-de-chaussée) ou 6.60 m (construction à étages).
Ces règles précisent des mesures permettant à des constructions de taille modeste (construction comportant un rez-de-chaussée avec un sous-sol – ne dépassant pas le sol de plus de 50 cm – un étage et un comble) de résister de façon satisfaisante aux séismes sans avoir recours à des calculs. Dans ce but, elles décrivent et illustrent les dispositions constructives minimales à respecter et constituent ainsi un document à la portée des artisans et petits entrepreneurs.
Le bâtiment ne doit pas pour cela comporter d’équipements lourds (réservoirs d’eau par exemple) de plus d’une tonne à l’étage, dans le comble ou en terrasse.
Dans les zones sismiques définies par le décret n°91-461 du 14 mai 1991(modifié par le décret n°2000-892 du 13 septembre 2000) relatif à la prévention du risque sismique, les maîtres d’ouvrage et les gestionnaires sont responsables des dispositions et précautions prises pour respecter les règles de construction, d’aménagement et d’exploitation qui s’imposent aux bâtiments en raison de leur nature et de leur destination. Le respect de ces règles parasismiques est une obligation qui incombe à votre architecte et à vous-même en tant que maître d’ouvrage de la construction que vous entreprenez.


2 - Les 5 piliers de la construction parasismique

La construction parasismique est un domaine complexe. Il demande de prendre en compte une somme de facteurs à gérer simultanément : l'historique du lieu, le ou les types de séismes, la destination finale de l'ouvrage à projeter et à exécuter, la nature des sols, la typologie de la construction, le choix des matériaux, le parti architectural etc.

Mais construire « parasismique » suppose tout d’abord le respect des règles de conception, de calcul et d’exécution propres aux situations non sismiques. L’expérience montre que les ouvrages, lorsqu’ils sont de conception saine et que les règles normales de construction sont appliquées correctement, ont des chances non négligeables de supporter convenablement des secousses d’intensité modérée. Ce constat ne doit pas faire oublier le respect des lois et de la réglementation en vigueur dans de nombreuses communes françaises.
De même, les règles parasismiques se révèlent inefficaces en cas de non-respect des règles normales de construction.
Construire parasismique ne demande pas qu'une simple application des règles et des normes en vigueurs. Une bonne construction parasismique repose sur une bonne conception. Une maison bien calculée mais mal conçue (mauvais choix architectural, mauvais emplacement, etc…) ou mal entretenue connaît un plus grand risque de destruction important en cas de séisme. 
Rappelons que l’application des règles, comme des normes parasismiques,nécessite l’intervention et la collaboration dès les premières esquisses d’un architecte et / ou d’un ingénieur.

Ces pages présentent le cadre de la construction parasismique et les repères principaux nécessaires pour échanger avec votre architecte, et pouvoir lui préciser votre demande. Leur objectif est de vous sensibiliser à cette problématique. Elles ne remplacent pas l’intervention d’un professionnel du bâtiment.

Une construction antisismique, qui résisterait jusqu'au bout à tout séisme, n'existe pas !

Une construction parasismique c’est avant tout une construction qui vous sauve la vie en limitant la casse.

Elle est le fruit de 5 piliers indissociables :

a - Choix du site :
Une onde sismique peut être amplifiée sous l’action d’effets de site ou par l’interaction entre le sol et le bâtiment.
Tout d’abord, l’amplification des oscillations du sol se produit essentiellement :

  • Sur les reliefs et en haut d’une rupture de pente
  • A la limite entre des sols rocheux et des sols mous

Les effets induits peuvent provoquer la perte de toute construction, parasismique ou non. Il s’agit principalement de :

  • la liquéfaction des sables (perte de la capacité portante des sables gorgés d’eau qui provoquent le basculement et l'enfoncement des constructions)
  • le glissement de terrain : sur les versants, les glissements provoqués par les séismes ne sont pas rares et entraînent la perte totale des ouvrages concernés.
  • les éboulements rocheux : ils sont fréquents dans les régions montagneuses. Les constructions peuvent alors être partiellement ou totalement détruites. Ce danger ne peut être apprécié que par un spécialiste : n’hésitez pas à consulter les professionnels compétents.
  • Tsunami et seiche : le tsunami est un raz de marée destructeur à son arrivée sur les rivages. On appelle seiche le ballottement de l’eau dans un bassin ou réservoir. Les constructions situées aux abords peuvent être endommagées. Ces phénomènes sont possibles en France mais ils sont rares. C’est pourquoi ils ne sont généralement pas pris en compte.

Les jeux de faille se traduisent en surface par des rejets verticaux ou des décrochements horizontaux qui peuvent endommager les constructions. Ces phénomènes sont rares en France, et leur identification demande l’intervention d’un géologue spécialisé.
De plus, lorsque la fréquence de résonance propre au bâtiment est proche de celle du sol, les bâtiments amplifient à leur tour les mouvements sismiques transmis par le sol. Ils deviennent alors très importants et destructeurs : on parle de résonance entre le sol et le bâtiment. Ainsi on observe que, sur sol meuble, les ouvrages « flexibles » (hauts par exemple) souffrent particulièrement. Par contre, les constructions rigides sont davantage sollicitées sur les sols fermes ou sur rocher.

b - Une conception architecturale parasismique :
Implantation judicieuse sur site : sur un terrain instable, sur une faille ou sur un terrain sujet au glissement de terrain, même la meilleure construction parasismique ne survivra pas à une secousse.
Architecture favorisant un bon comportement adapté au séisme : le comportement d’un bâtiment est influencé par sa forme. Certaines configurations amplifient considérablement les sollicitations dues aux secousses et donc créent de mauvaises conditions de résistance.

c - Un respect des règles parasismiques :
Dispositions constructives parasismiques : selon le type de leur système porteur (de leur structure), deux bâtiments d’aspect identique, sur un même sol, auront un comportement très différent.
Dimensionnement « au séisme » : les règles de calculs de structure doivent être respectées. En particulier, le choix de la méthode de modélisation ou de calcul (statique ou dynamique) est primordial.

d - Une exécution de qualité
Matériaux de bonne qualité : les propriétés des divers matériaux favorisent plus ou moins la résistance des éléments constructifs aux tremblements de terre, ainsi que la dissipation de l’énergie communiquée lors des secousses.
Travaux exécutés dans les règles de l’art : les assemblages et les liaisons entre les divers éléments sont les principaux points faibles des structures. La dégradation de leur résistance et de leur rigidité conduit rapidement à la ruine de la construction. La conception des assemblages nécessite donc un soin tout particulier.
Protection contre le feu : des constructions qui ont résisté aux secousses peuvent être entièrement détruites par les incendies consécutifs aux séismes.
Eléments non structuraux : ils doivent être conçus et installés de façon à ne subir aucun dommage lors des déformations de la structure à laquelle ils sont fixés. Leur destruction est une cause trop fréquente des blessures de personne et entraîne des coûts de réparation ou de remplacement non négligeables.
Entretien : l’inspection et l’entretien réguliers sont nécessaires pour maintenir la résistance des bâtiments dans la durée.
Modifications ultérieures : les recommandations de l’Association Française de Génie Parasismique précisent clairement « qu’il ne peut être procédé à des transformations de l’ouvrage, même non structurales, ou à des changements d’affectation et d’utilisation que si les conséquences en ont été étudiées et les inconvénients éventuels dûment palliés ».

e - Une maintenance
Un bâtiment non entretenu se détériorera très vite. Il perdra alors toutes ses propriétés parasismiques.

Le non-respect de l’une de ces démarches peut être à l’origine de l’effondrement du bâtiment lors d’un tremblement de terre.

 

3 - Le cas particulier de la maison individuelle

Bien qu’il s’agisse en général de constructions peu élevées, massives et rigides, on a souvent constaté que ce type de maisons subit d’importants dommages. 
Cependant, construire de façon parasismique des maisons individuelles ne demande rien de plus que l’application de quelques principes simples, l’utilisation de matériaux de bonne qualité et, d’une manière plus générale, le respect des règles de bonne construction (rapport de l’office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et techniques sur les technologiques de prévision et de prévention des risques naturels.

Les trois règles de construction pour une habitation individuelle sont:

1. Une bonne conception et une bonne exécution.
2. La simplicité des formes et de la structure :
Formes : la réalisation d’un seul tenant de bâtiment en forme de T, L, ou U (ou de forme analogue) doit être évitée. Si ces formes sont maintenues, il y a lieu de subdiviser la construction en blocs rectangulaires réunis par des joints parasismiques.
Structure : en plan, il importe que les murs porteurs soient situés dans le prolongement les uns des autres ; en élévation et en coupe, il faut faire en sorte que les éléments de structure se superposent.
3. La symétrie : la recherche de la symétrie dans la disposition des éléments porteurs comme celle de la morphologie générale du bâtiment doit être une préoccupation constante si l’on veut éviter des calculs de dimensionnement lourds. Les hauteurs doivent être régulières. Les masses en hauteur doivent être évitées.

Renforcer ou réhabiliter votre habitation parasismique

L’application des règles parasismiques à la construction neuve est obligatoire pour la totalité des ouvrages situés dans une zone différente de zéro.
L'arrêté du 29 mai 1997 relatif aux règles de construction parasismique applicables aux bâtiments dits « à risque normal » impose la mise aux normes parasismiques de certains bâtiments dont les maisons individuelles et leur addition à l’occasion de certains travaux de réhabilitation, comme le remplacement total de planchers, l’addition par surélévation, l’addition par juxtaposition sans joint parasismique, la création d’un niveau intermédiaire. 
Pour les autres bâtiments existants, il n’existe pas d’obligation de renforcement préventif malgré une vulnérabilité qui peut être grande.

Le choix d’une méthode de renforcement parasismique est difficile.
Sauf exception, vous manquez de connaissance précise sur la structure de votre habitation, son dimensionnement et surtout son comportement.
La nature du sol d’assise est en général méconnue. Or le séisme de Lambesc en 1909 a montré la grande influence de la topologie du sol dans la résistance des bâtiments. Les immeubles ont été détruits uniquement dans des zones bien délimitées.

Ces pages donnent quelques pistes pour atteindre cette « moindre vulnérabilité ». En tout état de cause, elles vous permettront d’en connaître suffisamment pour échanger avec un architecte sur ce sujet.
Elles ne chercheront pas à préciser quelle méthode est pertinente, car cela est trop conditionné par votre contexte particulier.

1 - Le diagnostic de vulnérabilité

Lors d’une réhabilitation parasismique, la première étape consiste à effectuer un diagnostic de comportement de l’ouvrage sous l’action sismique et à identifier ses faiblesses, c’est à dire sa vulnérabilité aux séismes.
On doit alors déterminer, pour une accélération donnée, le comportement du bâtiment concerné. Il serait utopique d’avoir la même exigence, et donc le même niveau de protection, qu’avec une construction neuve ! Vous devez décider, grâce aux conseils des professionnels du bâtiment, le degré de dommages que vous considérez comme acceptable lors d’un tremblement de terre. Cette démarche est communément admise et pratiquée par les anglo-saxons sous le terme de « performance based design ».
Ce diagnostic de comportement permettra également de préciser l'état de conservation de votre bâtiment. Un séisme aura pour conséquence de rendre plus grave un problème technique qui pouvait être mineur au départ (par exemple, augmentation des fissures qui en viennent à menacer la résistance de la structure du bâti). Un logement bien construit et bien entretenu a de plus grande chance de résister aux secousses successives d’un séisme.

2 - Les stratégies de renforcement parasismiques
Pour réhabiliter votre logement afin de le rendre parasismique, différentes stratégies de renforcement vous sont proposées.
Vous pouvez chercher à :

  • Limiter l’action sismique sur la construction (en optant, par exemple, pour une isolation sismique) ;
  • Augmenter la résistance mécanique de l’ouvrage (en augmentant, par exemple, la capacité portante de la structure) ;

Vous pouvez combiner ces différentes approches.
Celle que vous adopterez sera un compromis entre le coût de la réhabilitation et le degré de dommages que vous considérez comme acceptable.
Développons ces deux stratégies :
a - Réduire le niveau sismique :
Vous pouvez réduire la vulnérabilité au séisme de votre construction endiminuant sa masse et les accélérations qu’elle subit (ces deux facteurs influencent directement la charge sismique). Les deux grandeurs peuvent être minimisées grâce à différents procédés qui peuvent se révéler lourds.Cette démarche est donc à adopter en cas de réhabilitation lourde.
La réduction des masses est obtenue en remplaçant les planchers, la charpente, la couverture etc. vous opterez alors pour des structures plus légères, comme des planchers métalliques, une charpente en acier, ou en bois etc). Ces travaux sont lourds et nécessitent le conseil et l’intervention d’un professionnel du bâtiment.
La résonance d’une construction avec le sol est responsable des dégâts les plus importants pouvant aller jusqu’à l’effondrement. Les déplacements sont susceptibles d’être amplifiés de façon considérable. Les méthodes de prévention les plus simples sont, également, de diminuer la masse de votre habitation, voire d’accroître sa rigidité (ajout d’éléments verticaux de contreventements* type murs en maçonnerie, voiles en béton etc.). L’acier précontraint et le béton armé peuvent également être utilisés.
La limitation de la torsion* est une démarche qui devrait être systématiquement mise en œuvre, d’autant que ce phénomène est un facteur important de la vulnérabilité. Il s’agit alors de faire coïncider le centre de gravité de votre logement avec son centre de rigidité (soit d’avoir une répartition symétrique des éléments assurant la rigidité de la construction). Il peut être, là encore, nécessaire de rajouter des contreventements.
L’entrechoquement se produit entre deux bâtiments mitoyens ou entre deux blocs d’un même bâtiment (garage et maison individuelle) séparés par un joint sismique de trop faible largeur. Les solutions permettant de prévenir ce phénomène sont radicalement opposées. Vous pourrez soit supprimer ce joint en injectant de la résine qui assurera un couplage entre les deux constructions, soit augmenter sa largeur. La première méthode est souvent plus facile à mettre en œuvre.
b - Augmenter la résistance mécanique du logement :
Cette démarche nécessite deux approches parallèles et indissociables. Vous devez conférer à votre habitation une meilleure résistance mécanique, mais également supprimer ou redistribuer les zones « faibles », comme les rez-de-chaussée sur pilotis, les ailes, les cages d’escalier en façade de bâtiment etc.

Cette stratégie de renforcement est la plus traditionnelle et la plus fréquente lors de la réhabilitation parasismique d’une construction. Pour conférer une meilleure résistance mécanique à votre logement, vous pouvez réaliser les opérations suivantes :

  • redimensionner, remplacer ou consolider les éléments structuraux,
  • ancrer efficacement (chaînage indispensable),
  • créer un nouveau système de contreventement,
  • renforcer la liaison avec les fondations,
  • traiter le sol d’assise.

Pour des raisons économiques, vous pourrez limiter le renforcement à une partie des éléments porteurs. Mais leur répartition doit être homogène. Un renforcement local déplace la faiblesse sur les éléments voisins non renforcés. Il est nécessaire de conserver une vue d’ensemble de la structure et de la distribution des éléments rigides. Votre architecte vous y aidera.

Les zones faibles ; même lorsqu’elles sont renforcées, restent faibles. Il est intéressant et avantageux de les supprimer ou de les déplacer afin que leur distribution soit homogène.
Eclairons cette démarche au travers de trois exemples que vous pouvez fréquemment rencontrer, en particulier dans une maison individuelle :

  • Un rez-de-chaussée sur pilotis, ou largement ouvert constitue un point faible. Un renforcement des poteaux améliorera la situation mais ne résoudra pas le problème. Pour y remédier, vous pouvez, par exemple, ajouter un contreventement en façade ou opter pour une façade légère aux niveaux supérieurs.
  • Les cages d’escaliers situées en façade d’une construction constitue une zone faible. Les trémies* sont «mal positionnées », car elles affaiblissent les planchers. Afin de pallier cet inconvénient, vous pouvez les supprimer en optant pour des escaliers extérieurs ou déplacer les cages d’escaliers vers le milieu du bâtiment.
  • Les dalles en porte-à-faux (balcons, auvents…) sont très vulnérables. Le risque d’effondrement est grand. Au-delà de leur renforcement, il vous est conseillé de supprimer les porte-à-faux, en faisant porter les dalles par des voiles ou autres structures latérales ou de faire porter les balcons par des poutres en porte-à-faux, qui seront moins vulnérables qu’une dalle.

3 - Les techniques de renforcement

L’ultime étape est le choix des techniques de renforcement. Il peut s’agir d’un renforcement de la structure ou du sol d’assise. En pratique, les professionnels du bâtiment recommandent souvent de cumuler les deux.
Elles peuvent être classées en différentes catégories :

  • renforcement par addition de nouveaux éléments de construction,
  • amélioration de la résistance de la section transversale des éléments constructifs (augmentation de la section d’enrobage, renforcement de l’armature etc.),
  • renforcement par confinement (cas des cheminées et de certains poteaux),
  • renforcement par précontrainte,
  • réalisation d’ancrages efficaces (planchers dans les chaînages, équipements lourds etc.),
  • réparation (injection dans les fissures, remplacement de béton et d’armatures détériorés etc.),
  • traitement du sol d’assise visant à augmenter sa portance, prévenir les tassements, supprimer la possibilité de liquéfaction, prévenir les mouvements de terrain.

Le choix des techniques de renforcement s’effectue selon les critères habituels de coût, de rapidité de mise en œuvre, de durabilité, … N’hésitez pas à demander conseil à un professionnel du bâtiment sur le choix d’une stratégie, ainsi que sur sa mise en œuvre et son coût. 

Le bâti existant pose des problèmes importants de sécurité en cas de tremblement de terre. Les opérations visant à lui conférer une certaine résistance aux séismes sont de plus en plus fréquentes.

 
Pour que votre maison ne se transforme jamais en piège mortel le jour d’un tremblement de terre, envisagez sans tarder une réhabilitation parasismique ! 

Adapter vos équipements au séisme

Après la survenue d'un tremblement de terre, il est trop tard pour protéger votre maison et vos biens. Mais il y a des moyens de limiter les éventuels dommages causés par un tremblement de terre. Ces moyens de prévention ne demandent souvent qu’un peu de temps et quelques dizaines d’euros.
Les pages ci-dessous vous donneront quelques détails sur les mesures que vous pouvez mettre en œuvre pour protéger votre logement et vos biens. La liste n’est pas exhaustive. Toutes les méthodes ne sont pas illustrées.
Pour de plus amples renseignements, vous pouvez vous adresser auxDirections Départementales de l'Equipement, aux Conseils en Architecture Urbanisme et Environnement, etc… 

Les protections parasismiques peuvent impliquer de nombreuses modifications dans votre logement. Elles varient selon leur complexité et leur coût.
Vous êtes sûrement en mesure de réaliser vous-même un certain nombre de ces opérations. Mais les mesures complexes, ou bien de grande ampleur, qui entraînent des modifications de la structure même de votre habitation, voire celles relatives au réseau électrique ou à la plomberie, doivent être mises en œuvre par des professionnels.

Renforcer l’accroche de votre cheminée et de vos antennes de télévision sur la toiture. 
Les équipements lourds sont les premiers à tomber en cas de secousse sismique, même de faible intensité. Or leur chute peut blesser quelqu’un de façon très grave. Assurez-vous de la solidité de leur ancrage dans la toiture.

Accrocher les meubles lourds et volumineux aux murs et accrocher solidement les articles lourds comme les miroirs ou les tableaux et évitez de les suspendre au-dessus de lits, fauteuils ou autres endroits où quelqu’un peut stationner. Sous l’effet d’une secousse, ils pourraient se décrocher et tomber en causant des dégâts matériels, voire en blessant la personne située en dessous.
Pensez également à renforcer l’accroche des lustres ou autres appliques lumineuses situées au-dessus de votre tête.

Empêcher de glisser ou de tomber de votre bureau vos ordinateurs et autres équipements (TV HI-FI, imprimante, fax par exemple). 
Ces appareils risquent d’être endommagés et de blesser quelqu’un en cas de chute d’une table.
Ancrer solidement tout l'équipement de votre cuisine au plancher ou au mur, selon le cas. Un tel équipement inclut tout l’électroménager.
Les mêmes techniques que celles utilisées pour les équipements de bureau peuvent être utilisées.

Empêcher l’ouverture non souhaitée des tiroirs et des placards sous l’effet d’une secousse. 
Leur contenu qui peut se déverser sous l’effet d’un tremblement de terre peut représenter un danger pour vous-même et vos proches. En particulier si le contenu est lourd ou toxique.

Accrocher solidement votre chauffe-eau. 
Lors d’un tremblement de terre, il peut être votre meilleure source d’eau potable. Protégez-le de toute fuite. Pensez à bien le sangler.

Enterrer au maximum ou accrocher solidement les canalisations de gaz et les cuves ou réserves. 
Leurs défaillances sont trop souvent à l’origine d’incendie. 

Installer des flexibles à la place de vos tuyaux d’arrivée d’eau ou de gaz et d’évacuation.
Ils éviteront les fuites en cas de déplacements des appareils. Le feu est le risque le plus commun qui suit un tremblement de terre. Après le séisme de San Francisco de 1906, les incendies ont duré trois jours, provoquant plus de dommages que le tremblement de terre lui-même.

 

 

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