Colloque international et interdisciplinaire : Catastrophes naturelles et résilience en Haïti et ailleurs

Le Centre de Recherche en Psychologie et Psychopathologie Clinique de l'Université Lyon 2 organise les 25 et 27 mai prochains un Colloque international et interdisciplinaire intitulé « Catastrophes naturelles et résilience en Haïti et ailleurs » afin de débattre de ces questions dans une perspective clinique interdisciplinaire et interculturelle. Ce colloque s'inscrit dans le cadre d’une recherche ANR (juillet 2010-juillet 2014) sur la « résilience et le processus créateur chez les enfants et adolescents haïtiens victimes de catastrophes naturelles ».
 
 

Pour une société résiliente face aux catastrophes

La résilience (du latin resilio : rebondir) est un concept relativement récent (issu de la science physique où il désigne la capacité pour un matériau à résister à la rupture), désormais appliqué à toutes les disciplines (psychologie, écologie, économie, etc.) et un peu à toutes les sauces, au risque de perdre de son sens et de sa portée. Il est cependant souvent employé, à juste titre, par les médias, les professionnels de l'humanitaire et les chercheurs pour aborder la gestion post catastrophe.
Le GIEC (Groupe international sur le changement climatique) définit ainsi de son côté la résilience comme « la capacité d'un système social ou écologique d'absorber des perturbations tout en conservant sa structure de base et ses modes de fonctionnement ainsi que sa capacité de s'organiser et de s'adapter au stress et au changement. »
 
En psychosociologie, la résilience a été popularisée par Boris Cyrulnik : cette résilience est alors décrite comme un phénomène psychologique consistant pour un individu affecté par un traumatisme, à prendre acte de l'événement traumatique pour ne plus vivre dans la dépression. Une résilience rendue possible grâce à la réflexion, à la parole, et à l'encadrement médical d'une thérapie, d'une analyse.
La résilience peut donc est définie comme la capacité d’une personne ou d’un groupe à bien se développer, à continuer à se projeter dans l’avenir, en présence d’événements déstabilisants, de conditions de vie difficiles, de traumatismes parfois sévères.

Un colloque novateur et interdisciplinaire

Dans le cadre du colloque " Catastrophes naturelles et résilience en Haïti" c'est ce processus de résilience qui est abordé pour des populations (et en l'occurrence des enfants) frappées par des catastrophes naturelles majeures (séismes, inondations, etc.). L'ampleur des dégâts matériels et humains occasionnés par le séisme du 12 janvier 2010 en Haïti a ouvert la voie à toutes les interrogations liées à l'histoire, à la culture, à l'interculturalité, et à l'épistémologie des sciences humaines et sociales.
 
L'impact de ces désastres naturels sur la vie psychique des groupes humains est une préoccupation mondiale, transnationale et transdisciplinaire. Si ces événements dévastateurs poussent les populations victimes à développer des stratégies pour faire face dans l'immédiat, ils incitent les responsables politiques à mettre en perspective des plans d'intervention et de reconstruction durable dans plusieurs domaines : infrastructure, éducation, santé, etc.
 
Les chercheurs de toutes les disciplines, notamment en psychologie, se retrouvent ainsi devant la nécessité de penser la complexité des processus en jeu dans le « faire face » et dans ce qui fait - peut faire - tenir les psychés individuelles et collectives sur la « longue durée » devant l'adversité. Ce sera sans doute tout l'enjeu de ce colloque d'aborder l'ensemble de ces problématiques de manière interdisciplinaire :
 
Que recouvre vraiment ce concept ?
Résiste-t-il aux cloisonnements disciplinaires ?
Est-il exportable dans tout contexte culturel ?
Peut-on l'appliquer à tout un peuple, une nation, un Etat ?
Quelle est la part des histoires personnelles et collectives dans les processus de résilience ?
La résilience est-elle une forme de résistance ?
Peut-elle être pathologique ? La résistance est-elle une forme de résilience ?
Peut-on parler d'hyper résilience ?
Comment penser ensemble (après) un événement d'une telle ampleur ?
Où puiser les ressources disponibles ?
Comment articuler les savoirs scientifiques et populaires en vue de la cohérence des projets de reconstruction ?
Où et comment habiter après la catastrophe ?
Avec quels dispositifs cliniques accueillir et traiter le traumatisme aux niveaux individuel et collectif ?
 
 24, 25 et 26 mai 2012
Entrée libre, inscription obligatoire.
Université Lumière Lyon 2
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